vendredi, 19 juillet, 2024
Géraldine Massamouna (Artiste-comédienne, performeuse) : « La femme n’est pas seulement là pour faire la cuisine ou faire les bébés »

Originaire de la République du Congo, Géraldine Massamouna a participé pour sa toute première fois avec son groupe de performeuses à la 13ème édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan. Elle évoque sa grande première à Abidjan et lève un coin du voile sur sa profession ainsi que ses activités au Congo.

 

 

Dans quel cadre êtes-vous au MASA ?

Je suis au MASA essentiellement pour la performance. En plus d’être artiste-comédienne, je fais partie d’une compagnie dénommée ‘’Anges Kaïffa’’. Compagnie au sein de laquelle on retrouve exclusivement six filles. Au MASA, nous avons présenté notre performance qui parle de la place de la femme dans la société.

 

Pourquoi essentiellement ce thème de la place de la femme dans la société ?

A la base, le titre de notre performance est ‘’rouge’’. Dans ‘’Rouge’’, on n’aborde pas seulement la couleur mais tout ce que cette couleur symbolise et représente chez la femme. C‘est-à-dire le pouvoir et surtout la femme en ce sens que toutes les fins du mois, la femme fait ses menstrues. Nous insistons sur le rôle et la place de la femme dans la société parce qu’il y a plusieurs situations qui concernent la femme dans notre société. Des situations où la femme peut être victime d’une violence ou aussi par exemple chez nous au Congo on n’a pas encore nommé une femme Général dans l’armée. Pourquoi une telle situation ? Est-ce parce que les femmes congolaises ne sont pas intelligentes ou n’ont pas la capacité d’assumer cette responsabilité ? Je ne le pense pas. Une raison de plus pour que nous mettions ce sujet de la place de la femme dans la société en avant dans nos spectacles pour que nos voix puissent porter et se faire entendre. Que les gens sachent que la femme n’est pas seulement là pour faire la cuisine ou faire les bébés. La femme doit plutôt être partout et libre de ses choix.

 

Pour vous, est-ce parce que la femme doit être partout qu’on se doit de la mettre partout, souvent même sans compétence ?

Non du tout ! Si on aborde ce sujet, c’est bien parce que nous avons constaté qu’il y a des femmes qui ont certaines compétences autant que les hommes mais qu’elles n’ont jamais eu l’opportunité d’exercer certaines professions dites d’hommes. La plupart du temps, les gens sont dans des préjugés alors que la femme peut avoir une meilleure compétence là où on la sous-estime.

 

Pour votre première fois à Abidjan, comment le public ivoirien pour l’essentiel a accueilli votre groupe ?

Sans mentir, au début, le public n’a pas compris notre travail parce que la performance c’est du nouveau ici. Finalement, les gens ont plus capté notre message et c’est le plus important pour nous. A vrai dire, nous avons beaucoup apprécié Abidjan sur tous les plans.

 

Le MASA étant un marché, est-ce que votre participation a cette 13ème édition vous a ouvert des portes sur d’autres horizons et spectacles ?

Bien sûr ! Justement c’est tout le sens de notre venue au MASA, nous sommes venues à Abidjan pour vendre et Dieu faisant bien les choses, on a pu avoir des acheteurs. En clair, nous avons eu beaucoup d’opportunités au MASA. Pour dire vrai, pour cette première participation au MASA, j’ai beaucoup aimé parce que j’ai eu à faire de belles rencontres. J’ai eu aussi à bénéficier d’une belle ouverture d’esprit avec un partage professionnel exceptionnel. Par exemple, j’ai été émerveillée de voir au MASA des spectacles de cirques, ce qui n’est pas très fréquent chez nous au Congo. Je ne regrette vraiment pas d’avoir participé à cette 13ème édition du MASA. Je suis très contente d’ailleurs.

 

Et pour cette première fois d’arriver à Abidjan, comment avez-vous trouvé la capitale politique de la Côte d’Ivoire ?

J’ai aimé la Côte d’Ivoire surtout lorsqu’à notre arrivée, on nous a souhaité Akwaba. Généralement dans toute œuvre humaine, on parle d’imperfection mais à vrai dire, je n’en n’ai pas vues. Je me suis même rendue seule sans guide au marché mais tout s’est très bien passé. Je compte donc revenir à Abidjan dès que j’ai la moindre opportunité.

 

Au Congo, comment se comporte le théâtre ?

Le théâtre au Congo est très développé. Le public adore. Chez nous, c’est depuis l’école primaire qu’on commence à pratiquer le théâtre. J’ai même au Congo un festival dénommé ‘’Théâtre à l’école’’ qui est une compétition inter-scolaire. C’est notre contribution à populariser et à rendre beaucoup plus accessible le théâtre à tout le monde.

 

En Côte d’Ivoire, le théâtre est une discipline en agonie où l’humour est devenu beaucoup plus populaire. Quelle est la véritable situation chez vous au Congo ?

C’est très différent chez nous. Chez nous tous les domaines ou disciplines se valent.

 

Connaissez-vous des comédiens ivoiriens ?

Je ne connais malheureusement pas de comédiens ivoiriens mais j’ai été ravie de découvrir au MASA une dame du nom de Sabine Pakora qui réside en France.

 

Quelles sont vos perspectives après cette participation au MASA ?

J’ai vraiment aimé cette rencontre internationale qui réunit dans un même lieu plusieurs artistes venus du monde entier. Du coup, aucune barrière et les gens ont tendance à penser qu’on se connaissait tous avant. C’est quelque chose de très positif et cela fait beaucoup de bien de vivre ça. Je salue vraiment ce genre d’initiatives qui créent une certaine connexion entre les artistes du monde entier.

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