23 C
Abidjan
dimanche, mai 22, 2022
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Lunakii (Groupe ivoirien résidant en France) : « La musique ivoirienne a beaucoup évolué »

A Abidjan depuis quelques jours pour mieux faire connaitre leur musique, les trois cousins de la musique ivoirienne se sont confiés à IvoireCulture.ci. Karifa, Cdeedie et Nearzo définissent leur groupe, Lunakii, comme « un clan familial ». Ils nous parlent dans cet entretien de leur passion pour la musique, leur envie de réussir et leur vision de la musique ivoirienne.

Vous êtes trois jeunes ivoiriens vivant en France membres du groupe Lunakii dont le premier clip ‘’Famille’’ a eu du succès auprès des ivoiriens sans même vous connaitre. Dites-nous à quel moment ce besoin de former un groupe est né ?

D’abord, permettez que je vous explique le sens de ‘’Lunakii’’ que porte le groupe. ‘’Lunakii’’ c’est en Hawaiien et veut dire grands chefs porteurs de messages. C’est l’ami de mon père et de leur oncle qui après avoir écouté ce qu’on faisait avait dit qu’on avait une essence de porteurs de messages, de messagers parce qu’il disait qu’on développait des thématiques assez intelligentes. Du coup, il a décidé qu’on se nomme Lunakii.

Plus concrètement, comment s’est formé le trio ?

Cdeedie est à l’origine de la création du groupe. D’abord, il faisait de la production et le management. Et comme il savait que dans la famille il y avait du talent, il a dû rentrer d’Angleterre où il résidait pour nous rejoindre en France. Une fois en France, en 2017, on a d’abord démarré à deux avant qu’on ne soit finalement trois.

Une particularité de votre groupe, c’est que vous êtes tous trois des frères d’une même famille…

Nous sommes plutôt des cousins. Nos parents sont frères. C’est donc une affaire de famille. Nous sommes tous trois nés en France et on vit en région parisienne tous les trois.

Ce sont les parents qui vous ont transmis leurs passions, héritages pour la musique ?

Tout à fait. Il y a le père de Cdeedie qui initialement faisait du karaté mais qui une fois en voulant s’acheter un livre sur son sport favori s’était trompé en achetant un bouquin de musique. La passion de la famille pour la musique est partie de là. Après avoir trouvé intéressant le contenu du livre, il a réussi à faire aimer la musique à ses frères. Depuis, tous se sont surpris à jouer des instruments de musique comme le piano et la guitare. On a donc passé notre enfance dans cette ambiance plus ou moins électrique. Sinon, nos parents ont joué dans de grands groupes en Côte d’Ivoire.

A l’origine, que faisiez-vous avant de vous consacrer à la musique ?

On a toujours des métiers. La musique est une passion dans laquelle nous avons baigné avec l’influence des parents. On a vu nos parents jouer lors de réunions et de fêtes familiales. Ce qui nous a beaucoup influencés. Cela fait aujourd’hui dix ans que tous les trois faisons de la musique, chacun de son d’abord. Mais en tant que groupe, cela fait trois ans que nous sommes ensemble. Nous avons en fait décidé de nous unir pour faire quelque chose ensemble.

Il y a pourtant juste deux ans que les ivoiriens découvraient sur les chaines de télévisions votre premier projet musical avec le titre ‘’Famille’’…

En fait, en Côte d’Ivoire, c’est ‘’Famille’’ que tout le monde connait sinon nous avons sorti en France une suite de singles.

En France, êtes-vous des artistes connus ou plutôt underground ?

Nous sommes quand même connus parce que nous parvenons à faire certaines collaborations qui font que dans le milieu Lunakii a un nom. Le plus dur reste à se faire véritablement connaitre sur le plan commercial. Cela parce qu’il n’y a plus véritablement de scènes à cause du coronavirus. Sinon, sur les réseaux sociaux, nous ne sommes pas méconnus visuellement. En France, avec le confinement, il n’y a pas concerts, pas de bars, tout est fermé contrairement en Côte d’Ivoire où la musique a encore plus d’espaces. Au-delà de tout ça, je dirai que la Côte d’Ivoire a l’amour de la musique car tout n’est pas que business ici. Si la musique est bonne, les gens écouteront quand bien même qu’ils découvrent pour la première fois l’artiste. Ce qui fait de la Côte d’Ivoire une place incontournable pour la musique. En France, quand bien même que la musique est bonne, ils diront qu’on veut savoir s’ils ont des followers et plein d’autres choses.

Avez-vous déjà collaboré avec des labels connus en France ?

Bien sûr ! On a collaboré avec Bomayé Music, Universal, sans compter des gros noms à citer. Après toutes ces étapes, il reste celle relative à la visibilité télé. Cette étape marque le cap du non-retour.

Votre style musical se veut un peu spécial avec un mix de différents genres. Avez-vous déjà songé à l’orienter vers la musique ivoirienne à travers des collaborations ?

Effectivement, nous faisons de l’Afro pop urbaine avec des sonorités Afro trap, du rap et du R&B. On a déjà rencontré Safarel Obiang avec qui nous avons une connexion. Il y a aussi David Tayorault avec qui nous prévoyons travailler, Kilheur (ex-membre du groupe Tour 2 Garde), 2 Boys également. En fait, nous travaillons au feeling. Nous avons plein de projets en gros avec les artistes d’ici. Là, nous sommes venus dans le cadre de la promotion du groupe.    

Quelle est votre opinion sur la musique ivoirienne ?

La musique ivoirienne a beaucoup évolué. Nous pensons même qu’elle est la plaque tournante de la musique africaine. Les ivoiriens sont vraiment puissants dans la musique. Aussi, la musique ivoirienne va hyper vite et donc impose toujours d’avoir de nouveaux concepts. Après deux ou trois mois, il faut avoir du nouveau. Ce qui impose une sorte de challenge et de bataille. Il y a donc une surconsommation de la musique ivoirienne, ce qui peut avoir un impact négatif parce qu’on n’apprécie plus.

Comment expliquez-vous que cette musique qui va aussi bien ne puisse pas s’exporter véritablement au plan international ?

Le problème est avant tout interne, c’est-à-dire comment ceux qui gèrent les structures n’arrivent pas à rendre leurs artistes internationaux. Magic System par exemple a réussi à rendre sa musique internationale. DJ Arafat, l’a essayé. Il a eu quelques titres qui ont tapé fort certes mais il n’a pas être un artiste international. Ce fait, parce que l’artiste n’a pas été travaillée pour. Josey pareil. Pour moi, Josey est une diva de la musique ivoirienne mais elle n’a pas été travaillée de sorte à devenir cette femme artiste internationale. En ce sens, pour arriver à cette internationalisation de la musique ivoirienne, la diaspora a un grand rôle à jouer. Cela se voit avec les artistes congolais comme Naza, Dadju, Gims et autres. En France, on ne retrouve nulle part cette cohésion chez les ivoiriens. Ils ne sont pas unis et solidaires. Nous allons participer à ce que la musique ivoirienne soit beaucoup écoutée en Europe.

Pourquoi selon vous DJ Arafat n’a pas réussi à s’imposer sur le plan international ?   

DJ Arafat était malheureusement une icône qu’on n’a pas su reconnaitre assez tôt. Sa musique a pourtant toujours été bien à part quelques sons qui n’étaient pas aussi bons. Il savait certes se promouvoir mais il était seul à y voir de près. Donc, il ne pouvait produire que le résultat qu’il a donné. C’est vrai que depuis sa mort, les gens ont tendance à faire croire que le couper-décaler est mort mais il faut savoir que cela a toujours été ainsi même du vivant de DJ Arafat. Les gens le dénigraient en le faisant passer pour quelqu’un qui ne faisait que du bruit. Toutefois, ce qui faisait que le couper-décaler avait cette force, c’était son personnage et son aura. Malheureusement, cet aura est partie avec le couper-décaler.  

Les ivoiriens vous connaissent désormais après cette  phase promo que vous avez enclenchée. Quels seront vos prochains défis et challenges ?

Dans nos projets futurs, nous prévoyons nous adresser aux femmes. On livrera des messages d’optimisme aux femmes. Le titre ‘’Dja la foule’’ qui va figurer sur notre E.P va mettre en avant le côté indépendant de la femme. A la jeunesse, on veut leur apporter un message d’espoir, de possibilités.

Articles Liés

Restez connectés

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
16SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Publicité

- Publicité -spot_img

Derniers articles