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dimanche, mai 22, 2022
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Oumou Sangaré dit tout : « Mon secret est que je crois en nos instruments traditionnels et c’est ce que je montre au reste du monde »

De passage à Abidjan, Oumou Sangaré nous a accordé une interview dans laquelle elle parle de son amour pour la Côte d’Ivoire, sa perception du pays et aussi prodigue des conseils aux artistes ivoiriens pour briller à l’international.

Votre dernière venue à Abidjan date de 2019 où vous aviez pris part au Femua. Quel sentiment vous anime aujourd’hui de revenir en Côte d’Ivoire après tant d’années ?

C’est un réel plaisir pour moi à chaque fois que je viens en Côte d’Ivoire. Le Covid-19 a certes essayé de nous éloigner plus de notre public mais par la grâce de Dieu, nous sommes de retour à Abidjan après près de trois ans. Les barrières que nous impose cette maladie ne doit pas tuer la musique. La culture ne doit donc pas mourir car très importante en Afrique. C’est la raison pour laquelle on essaie d’être debout malgré les difficultés que nous vivons. Le plus important est de ne pas être trop éloignée de nos fans. Déjà, passer une année voire trois sans faire de spectacle ici, c’est beaucoup trop. 

Comment avez-vous vécu le décès du Premier ministre Hamed Bakayoko, grand mécène de la culture africaine par ailleurs parrain de votre ‘’fils’’ Sidiki Diabaté ?

La mort du Premier ministre nous a tous touché. Hamed Bakayoko aidait beaucoup la culture. Moi, je ne le voyais pas comme un homme politique mais plutôt comme un homme de culture. J’ai même prévu lui rendre hommage lors de mon concert parce que sa mort est une perte pour toute l’Afrique. On a beaucoup pleuré au Mali lorsque nous avons appris la nouvelle de son décès. C’était quelqu’un qui avait l’amour de la culture. Il accompagnait la culture et soutenait tout le monde sans distinction.

Vous le connaissiez personnellement ?

Non, malheureusement. Je n’ai jamais eu cette chance de le croiser mais je voyais ses actes. Je l’ai admiré de loin et j’étais contente de savoir qu’il aidait mes confrères. Avec ce qu’il a fait pour les obsèques de DJ Arafat, il a encore gagné davantage mon cœur.

On vous sait très proche des Chefs d’Etats africains. Quelle est votre histoire avec le président Ouattara ?

Je n’ai pas eu la chance de croiser le président Alassane Ouattara. Toutefois, je sais que le président Alassane Ouattara a beaucoup fait et a changé le visage de la Côte d’Ivoire. Je suis apolitique mais j’aime les travailleurs. La Côte d’Ivoire a beaucoup changé.

Quels conseils et secrets pouvez-vous donner aux artistes ivoiriens afin qu’ils puissent atteindre le sommet comme vous ?

Il y a d’énormes talents ici à l’instar d’Alpha Blondy, Tiken Jah et bien d’autres. Ce sont des artistes avec qui on tourne partout dans le monde. On se croise régulièrement dans les quatre coins du monde. Ce sont de grandes valeurs. Les artistes ivoiriens travaillent et il faut reconnaitre et saluer leurs efforts. Toutefois, le conseil que je puis prodiguer aux artistes ivoiriens, c’est de faire un retour à la tradition. Ma base, c’est la tradition et c’est peut-être ce qui a fait le plus pour moi. J’essaie de faire découvrir ma tradition aux occidentaux. Parce que je me dis que tu as beau être fort, tu ne peux jouer mieux la guitare par exemple plus qu’un européen. C’est d’ailleurs eux qui l’ont créé. Cependant, lorsque nous jouons nos instruments traditionnels de chez nous, ils sont émerveillés. Pour dire que nous avons des valeurs et une grande richesse en Afrique. C’est pourquoi je conseille aux artistes de la Côte d’Ivoire, qu’ils soient des Zougloumen, des artistes du couper-décaler et autres, d’aller fouiller dans le fin fond du terroir pour sortir les instruments traditionnels pour les mettre en valeur. Ce sera une valeur ajoutée pour eux. C’est d’ailleurs cela mon secret. Mon secret est que je crois en nos instruments traditionnels et c’est ce que je montre au reste du monde. Qu’ils aillent donc dans la Côte d’Ivoire profonde pour faire du moderne avec nos instruments traditionnels. Sinon, on est tous conscient que la Côte d’Ivoire fait danser l’Afrique. Les artistes ivoiriens sont beaucoup créatifs mais je leur demande juste d’ajouter à leur art la tradition.

Oumou Sangaré, en plus d’être une artiste de renommée est également une grande femme d’affaires avec plusieurs investissements dans l’hôtellerie et l’automobile. Qu’en est-il de tous ces projets ?

J’essaie d’allier business et musique. J’ai eu la chance de sortir de l’Afrique très tôt. Mon premier album, je l’ai fait en 1990 et un an après soit en 1991, j’ai eu mon premier contrat en Angleterre. Du coup, j’ai pu très tôt m’imprégner du fonctionnement des artistes anglais et américains qui faisaient du business à côté de la musique. Ce qui m’a inspiré. Durant toute ma carrière, j’ai incité la femme à être autonome. Il me fallait donc servir d’exemple pour les amener à épouser cette idéologie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, j’ai des hôtels, des fermes, je suis dans l’automobile avec des voitures chinoises. J’ai aussi créé un festival qui vient de finir sa quatrième édition. En gros, j’essaie de montrer l’exemple, tout en montrant à la femme africaine qu’il est possible que nous soyons autonomes pour aider, accompagner et assister nos hommes. Nos hommes doivent pouvoir compter sur nous les femmes et c’est ce qui m’a poussé dans le business.

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