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jeudi, mai 19, 2022
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Philippe A. Pango, Ph.D rend hommage à S Kelly, l’homme de Dieu

Il y a une vidéo dans laquelle S. Kelly, ce tonitruant personnage, plutôt connu pour ses esbroufes aux relents animistes, dit ceci : Tous ceux qui vont à l’église là, c’est par intérêt. Si Dieu ne leur donnait pas ce qu’ils demandaient, est-ce qu’ils continueraient de l’aimer et le prier ? ».

Par cette phrase, S. Kelly touche au cœur même de ma foi à moi. En effet, si Dieu arrêtait soudainement d’être le « papa providence » qu’on vous décrit, s’il cessait d’être celui qui vous donne guérison quand vous êtes malade, argent quand vous êtes fauché, travail quand vous êtes sans emploi, bref, si tout d’un coup, vous réalisez que l’évangile de prospérité qu’on vous enseigne était une farce, continuerez-vous de le prier et de l’aimer ?

S. Kelly lui, n’y est pas allé par quatre chemins pour répondre à cette question. Connaissant bien notre société et l’homme qui la compose, il a, dans un éclair que je qualifie de génie, synthétisé l’essentiel d’un enseignement biblique essentiel : la grandeur de Dieu n’a que faire de notre misérable condition, sociale ou économique. Que nous soyons prospère ou pas, Dieu est Dieu; Dieu reste Dieu.

Cette phrase de S. Kelly est en phase avec la notion de « Dieu le père ». En effet, dans une certaine mesure, pour appréhender la personnalité de Dieu, il faut des fois la ramener à celle de nos parents car, ne l’oublions pas, nous avons-nous-mêmes été fait « à l’image de Dieu ». Si tel est le cas, je vous retourne donc la question de S. Kelly, paraphrasée comme suit : Si vos parents ne vous donnent ni gîte, ni argent, ni soutien financier de quelle que nature que ce soit, cesseraient-ils pour autant d’être vos parents? Si votre père est un villageois appauvri, vivant dans l’arrière-pays, totalement incapable d’influer sur votre prospérité et votre niveau de vie, si tout ce que votre père peut vous apporter c’est le réconfort de ses bras quand il vous accueille au village, et la bénédiction qu’il dit sur votre vie, arrêteriez-vous de l’aimer pour autant ? Dans le fond, aimez-vous vos parents seulement « par intérêt », ou bien les aimez-vous tout court, sans condition, pour le simple fait qu’ils sont vos géniteurs ?

Cette problématique est, à mon avis, applicable à Dieu et à l’amour qu’on peut/doit lui porter, ou pas. Pour y répondre, pas besoin de chercher loin. Puisons dans deux textes des écritures, la Bible, quoique je suis sûr que mes frères musulmans pourront eux aussi trouver des enseignements équivalents dans le Coran.

D’abord, le Livre de Job. Voici un homme, Job, qui est décrit comme un personnage ne pêchant point, pieux de chez pieux, et qui ne comprend pas pourquoi tout à coup soudain brusquement, Dieu permette que sa prospérité et sa santé physique lui soient enlevées. Il crie à l’injustice car, malgré toute sa piété, toute sa vie dévouée à Dieu, le malheur lui tombe dessus. Il maudit même le jour où il est né. La réponse à cette interrogation y est formulée comme suit : Si Dieu nous donne le bien, pourquoi ne nous donnerait-il pas aussi le mal ? La conclusion de ce livre, un de mes préférés, est la suivante : Dieu est Dieu; et libre à lui de jouer avec la poussière que nous sommes. Nu je suis né, nu je partirai.

Secundo, je vous ramène à ce passage des évangiles, Matthieu 5, 44 :45 : « Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ». Dans ce passage, il nous est enseigné que Dieu donne la prospérité à tous, y compris ceux qui ne le prient pas. La prospérité n’est pas une récompense exclusivement réservée à ceux qui croient en Dieu et le prient. Le non-croyant a lui aussi droit à la même part de prospérité dans ses affaires, à des voitures, des maisons, des jets privé, etc., pour une simple raison : de la bouche même du Christ, il est dit que la prospérité est une grâce accordée à toute l’humanité, sans restriction. Si la pluie tombe chez vous, elle tombera aussi chez votre voisin, elle arrosera son champ aussi, son champ sera fécond, même s’il est le plus grand criminel de l’histoire de l’humanité.

Vos parents restent vos parents, que vous les respectiez ou pas, que vous les reconnaitriez comme tels ou pas. Pareillement, que vous le priez ou pas, Dieu est Dieu, Dieu reste Dieu, que vous le reconnaissez ou pas.

En conclusion, comme l’a brillamment dit S. Kelly dans un éclair de génie, si vous dites aimer Dieu, aimez-le dans la richesse comme dans la galère, mais surtout, aimez le, qu’il réponde à vos supplications ou pas. Ne l’aimez pas à cause des bonbons que vous espérez qu’il vous distribue. Ne l’aimez pas avec intérêt.

Qui sait! Peut-être à cause de ce petit (mais puissant) enseignement que S. Kelly a sorti dans un moment intense de lucidité, il lui est déjà permis de se reposer auprès du Père, là où il est. Que son âme repose en paix.

Par Philippe A. Pango, Ph.D

Que ceci inspire qui voudra.

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